
L'un des effets les moins souvent mis en avant de la TRT est son impact potentiel sur la fertilité, un point pourtant essentiel à connaître avant de commencer, en particulier pour les hommes qui envisagent d'avoir des enfants dans les mois ou années à venir.
Apporter de la testostérone de manière externe envoie un signal au cerveau (via l'axe hypothalamo-hypophyso-gonadique) indiquant que le corps en produit déjà suffisamment. En réponse, la production naturelle de LH (hormone lutéinisante) et FSH (hormone folliculo-stimulante), les hormones qui stimulent respectivement la production de testostérone intra-testiculaire et la production de spermatozoïdes, peut chuter significativement, réduisant potentiellement la fertilité pendant toute la durée du traitement.
Un point souvent mal compris : la testostérone administrée en TRT augmente le taux sanguin, mais la concentration de testostérone À L'INTÉRIEUR des testicules, nécessaire à la production de spermatozoïdes, dépend de la stimulation par la LH, qui elle diminue sous TRT. C'est ce paradoxe (taux sanguin élevé, taux intra-testiculaire effondré) qui explique l'impact sur la fertilité, alors même que le taux mesuré en prise de sang standard semble optimal.
Cet effet est bien documenté dans la littérature médicale et n'est pas systématiquement irréversible à l'arrêt du traitement, mais le délai de récupération varie considérablement d'une personne à l'autre, de quelques mois à, dans certains cas, plus d'un an, selon la durée du traitement et des facteurs individuels. C'est un point à aborder explicitement avec un professionnel de santé avant de commencer une TRT, surtout en cas de projet de paternité à court ou moyen terme.
Des protocoles combinant TRT et hCG (gonadotrophine chorionique humaine) sont parfois étudiés pour tenter de préserver une partie de la fonction testiculaire pendant le traitement. L'hCG mime l'action de la LH sur les testicules, maintenant une certaine production de testostérone intra-testiculaire et potentiellement une partie de la fonction de production de spermatozoïdes, même en présence de testostérone exogène.
Certains protocoles explorent également l'usage de SERM (modulateurs sélectifs des récepteurs aux œstrogènes) comme le clomifène, qui stimulent la production naturelle de LH et FSH, une approche parfois envisagée comme alternative à la TRT chez les hommes jeunes pour qui la préservation de la fertilité est une priorité, plutôt qu'un complément à une TRT en cours.
Pour les hommes qui envisagent une TRT à long terme mais souhaitent conserver une option de paternité future, la cryoconservation de sperme avant le début du traitement est une démarche parfois recommandée par les spécialistes, offrant une solution de secours indépendante de la réversibilité éventuelle du traitement.
En résumé, il existe des stratégies pour limiter l'impact sur la fertilité, mais aucune ne garantit une préservation complète et systématique. C'est un sujet à discuter précisément avec un professionnel de santé plutôt qu'à improviser soi-même, idéalement avant même le début du traitement plutôt qu'après avoir constaté un problème.
Le cycle complet de production des spermatozoïdes (spermatogenèse) dure environ 74 jours chez l'humain, ce qui signifie que même après la reprise d'une stimulation hormonale normale, un délai minimal de plusieurs mois est nécessaire avant d'observer un retour à une production de spermatozoïdes normale, un facteur de patience souvent sous-estimé dans les discussions sur la réversibilité de l'effet.
Pour les hommes ayant interrompu une TRT dans un objectif de fertilité, un spermogramme (analyse du sperme évaluant la concentration, la mobilité et la morphologie des spermatozoïdes) réalisé à intervalles réguliers permet de suivre objectivement la récupération de la fonction reproductive, plutôt que de se fier uniquement à la normalisation du taux de testostérone sanguin qui ne reflète pas directement la fertilité.
L'efficacité exacte des protocoles combinant TRT et hCG pour préserver la fertilité reste débattue dans la littérature médicale, certains hommes conservent une fertilité fonctionnelle sous ce type de protocole combiné, d'autres non, la réponse individuelle restant difficile à prédire à l'avance. C'est une incertitude à intégrer honnêtement dans la discussion avec le professionnel de santé plutôt qu'à considérer comme une garantie.